Révélateur : XTOL

Bon, je le confesse, j’ai bien pensé donner un titre à la gomme à cet article en utilisant un jeu de mots de quarantenaire nostalgique des programmes cathodiques de son enfance (oui, à une époque, le terme cathodique était d’actualité), mais finalement j’y ai renoncé… Un soupçon de lucidité m’a fait prendre conscience que « XTOL le Shérif de la révélation » n’était pas un titre des plus brillants même si la référence à X-OR convient bien au nom de ce révélateur de la marque Kodak. Cette mise au point des plus importantes étant effectuée, il est temps de faire parler la poudre…

Le XTOL est donc un révélateur en poudre composé de deux sachets à diluer qui permet de préparer 5 litres de produit afin de développer ses films en noir et blanc préférés. Sa composition, (acide ascorbique ou vitamine C et phénidone, peu toxique), lui permet de se présenter comme un révélateur plutôt écologique. Cependant, je n’irai pas arroser mes plantes avec et préfère le verser après usage dans un bidon qui finira à la déchetterie pour, espérons-le, un retraitement en règle. Son autre avantage est son prix relativement économique : soit environ 13 ou 14 € pour 5 litres de révélateur au final (voir liens à la fin de l’article).

Les caractéristiques données par Kodak pour ce révélateur sont les suivantes :

  • Convient à la plupart des films professionnels noir et blanc
  • Très haute qualité d’image à pleine sensibilité d’émulsion
  • Grain fin et définition élevée
  • Fournit une sensibilité d’émulsion (détails dans les ombres) supérieure à la plupart des révélateurs pour traitement normal et poussé

Il va de soi que chacun se fera son idée sur les résultats obtenus.

La préparation :

C’est surtout au sujet de cette phase de préparation que j’ai décidé d’écrire cet article.

En effet, même si cette opération n’a rien de compliqué, elle peut être source d’appréhension et pourquoi pas d’erreurs pour qui n’a comme moi utilisé jusqu’ici qu’un révélateur liquide. Certes, la procédure est expliquée sur le paquet et l’on trouve une foule d’informations sur le net, pourtant, je n’ai trouvé aucune page vraiment détaillée sur le sujet. À travers ces quelques lignes, je souhaite donc faire partager mon expérience et aussi réaliser une synthèse des questions que je me suis posées et des réponses que j’ai pu trouver dans les livres ou sur les forums du web.

Pour commencer, comme tout bon petit chimiste 2000 qui se respecte, il faut bien préparer son plan de travail. En effet, vous aurez besoin d’un récipient, propre de préférence, pouvant contenir au moins les 5 litres de produit final, d’un mélangeur, d’un thermomètre, d’un verre doseur et de bouteilles pour stocker le produit final.

Pour diluer la poudre, la question se pose de quelle eau utiliser. Sur les forums traitant de la pratique de la photo argentique, on peut lire que l’eau du robinet est susceptible de contenir des ions métalliques ayant de possibles effets néfastes sur l’efficacité du révélateur ou sur sa conservation. A l’inverse, vous trouverez également tout un ensemble de témoignages de personnes utilisant l’eau du robinet sans problème particulier. N’ayant pas de formation de chimiste, et préférant donc jouer ce que je pense être la prudence, j’utilise de l’eau déminéralisée pour ma préparation. Kodak préconise une température comprise entre 18°C et 30°C et, sauf erreur de ma part, une eau chaude facilite la dissolution des poudres : je mets donc à température mon bidon d’eau déminéralisée grâce à un bain-marie (eau chaude dans l’évier) pour atteindre une température d’environ 24°C, milieu de la fourchette préconisée par le fabricant.  Puis je verse 4 litres dans ma bassine.

Tout d’abord, il faut verser le contenu du sachet « A » et mélanger la mixture avec un agitateur. Un certain temps est nécessaire avant que toute la poudre soit entièrement dissoute. On obtient alors une solution jaunâtre.

Ensuite, c’est au tour du sachet « B » d’être mélangé pour bien dissoudre la poudre versée. La solution obtenue devient alors incolore. Pour finir, on complète le mélange avec le reste d’eau déminéralisée afin d’obtenir 5 litres de produit au total.

Le révélateur est presque opérationnel. Il est d’usage de le laisser reposer 24 h avant de l’utiliser. Il est vrai que Philippe Bachelier dans son livre affirme qu’une heure d’attente suffit pour le XTOL, mais n’arrivant pas à confirmer ou infirmer cette information par d’autres sources, et jouant toujours la prudence, j’ai choisi de transvaser l’ensemble de ma bassine dans le bidon d’eau déminéralisée vide et de le laisser reposer à l’abri de la lumière pendant une journée complète.

Le stockage :

24 h de repos bien mérité plus tard (surtout pour moi), je répartis mon révélateur dans différentes bouteilles pour le conserver. Bouteilles en verre ou en plastique ? Voilà un nouveau dilemme à affronter. Ce qui est certain, c’est que l’on doit protéger son révélateur de l’air et de la lumière afin d’éviter toute détérioration prématurée. J’ai opté pour des bouteilles en verre ambrées comme le conseille un grand nombre de pratiquants de la photographie argentique… Tout comme pour le choix de l’eau il faut opter pour une solution sachant que l’autre est certainement viable également. J’ai souvent l’impression en lisant les forums que pas mal d’usages sont surtout basés sur des « croyances » plus ou moins étayées ou des transmissions de savoir-faire plutôt que sur des connaissances vérifiées de manière scientifique pour évaluer les réelles différences entre les méthodes utilisées, mais peut-être me trompé-je. Le principal est finalement d’opter pour un processus qui permette d’obtenir les résultats escomptés d’une fois sur l’autre.

J’utilise quatre bouteilles de 1 litre et 2 de 500 ml que j’ai commandées en ligne (voir l’adresse dans les liens à la fin de l’article). L’idéal est de remplir chaque bouteille à ras bord pour limiter au maximum la quantité d’air restant dans la bouteille une fois celle-ci refermée. Cette solution est appelée solution « stock ».

Kodak indique que le XTOL peut se conserver 6 mois dans une bouteille pleine et 2 mois quand celle-ci est entamée. Plusieurs témoignages indiquent que jusqu’à un an, la conservation en bouteilles remplies est envisageable.

Développement avec le XTOL :

On peut utiliser ce révélateur avec ou sans dilution. Si vous utilisez la solution sans dilution pour développer vos films, vous pouvez la réutiliser plusieurs fois et développer jusqu’à 15 films (135 ou 120) pour 1 litre de produit (d’après les indications de Kodak). Cependant, vous devez augmenter le temps de traitement au fur et à mesure :

  • Du 1er au 5ème film : utilisez le temps de la table,
  • Entre le 6ème et 10ème film, vous devez ajouter 15% au temps de développement de la table
  • Puis du 10ème au 15ème film, ajouter à nouveau 15% de temps supplémentaire au temps précédent.

Si on développe de la Tri-x 400 à 20°C on obtient donc les temps suivants :

  • Du 1er au 5ème film : le temps donné est de 7 min,
  • du 6ème au 10ème film : le temps est de 7 min + 63 sec soit 8 min 03 sec,
  • et du 10ème au 15ème film : le temps est de 8 min 03 sec + 1 min 12 sec soit 9 min 15 sec.

Si vous préférez le développement à bain perdu, vous pouvez diluer votre solution stock à 1+1, 1+2 et même 1+3. Il faudra alors adapter le temps de traitement en fonction de la dilution choisie. Vous trouverez facilement les temps préconisés sur le site suivant :

http://www.digitaltruth.com/devchart.php?Film=&Developer=Xtol&mdc=Search&TempUnits=C

Pour vous donner une idée des résultats obtenus sur différentes pellicules avec différentes dilutions, vous pouvez jeter un coup d’œil sur le lien suivant :

http://filmdev.org/recipe/search?search=xtol

J’espère avoir réussi à synthétiser le cheminement de ma récente utilisation du XTOL. Bien évidemment, si vous remarquez des erreurs ou des imprécisions, n’hésitez pas à me contacter ou me laisser un commentaire.

Merci de votre lecture et amusez-vous bien dans vos labos, salles de bain, clubsphoto… à préparer vos petites potions.

Liens :

  • Vidéo sur la préparation :

https://www.youtube.com/watch?v=QNb6bfm3uZA

  • Fiche technique du fabricant :

http://wwwfr.kodak.com/global/fr/professional/products/chemistry/bwFilmProcessing/xtol.jhtml?pq-path=14032

  • Trouver le XTOL au meilleur prix.

http://www.comparateur-argentique.com/fra/description/Kodak-Xtol-5L

  • Acheter des bouteilles en verre ambré :

https://www.bouteilles-et-bocaux.com/Bouteilles/Bouteilles-speciales/Bouteilles-de-medecine.html

JB Darasco (6 Posts)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.